N° 243 lundi 31 août 2026

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Société

« Je me suis rebellée » : une influenceuse refuse d'installer l'e-dossier scolaire de ses filles

L'influenceuse Olga Legosz, connue sous le pseudo Nomadmum81, a déclenché un débat en annonçant qu'elle refuse d'installer l'application e-dossier scolaire, renonçant au suivi permanent des notes et absences de ses filles. Elle interroge la frontière entre vigilance parentale et contrôle excessif.

« Je me suis rebellée » : une influenceuse refuse d'installer l'e-dossier scolaire de ses filles
Matka powiedziała otwarcie, co myśli o e-dziennikach. "Zbuntowałam się"

« Les parents n'ont vraiment pas besoin de suivre 24 heures sur 24 ce que fait leur petit chéri », a écrit sur les réseaux sociaux Olga Legosz, influenceuse connue sous le pseudo Nomadmum81. Dans un message qui a rapidement fait réagir, elle a révélé avoir délibérément choisi de ne pas installer l'e-dossier scolaire, l'application numérique qui permet aux parents de consulter en temps réel les notes, les absences et le travail de leurs enfants.

« Je me suis rebellée », a-t-elle expliqué, assumant pleinement ce choix qui va à contre-courant des pratiques dominantes. En renonçant au suivi permanent des résultats scolaires de ses deux filles, l'influenceuse dit vouloir leur laisser de l'espace pour grandir et apprendre par elles-mêmes. « Pourquoi priver les générations suivantes de leur autonomie ? », s'interroge-t-elle, posant la question qui alimente désormais les discussions de nombreux parents à l'approche de la rentrée scolaire.

Son témoignage, publié quelques jours avant le début de l'année scolaire, a relancé un débat de fond sur la place du numérique dans l'éducation et sur les limites de la surveillance parentale. Si les e-dossiers scolaires sont présentés par les établissements comme un outil de transparence et de communication, ils suscitent aussi des inquiétudes croissantes concernant la protection de la vie privée des élèves et la pression psychologique qu'ils peuvent engendrer.

« Où s'arrête la vigilance parentale et où commence le contrôle excessif ? », demande l'influenceuse, qui voit dans ces applications un risque de surprotection. Selon elle, cette surveillance constante empêche les enfants de développer leur sens des responsabilités et leur capacité à gérer leurs propres obligations. Les parents, eux, se retrouvent dans une position inconfortable, partagés entre la volonté de bien faire et la crainte de devenir trop intrusifs.

Le sujet touche une corde sensible dans de nombreuses familles. Les partisans des e-dossiers scolaires y voient un moyen efficace de suivre la scolarité de leur enfant, notamment en cas de difficultés ou d'absences répétées. Les détracteurs, comme Olga Legosz, dénoncent une forme de flicage permanent qui infantilise les élèves et instaure une relation de défiance entre la maison et l'école.

La question de la protection des données personnelles est également au cœur des préoccupations. Les informations collectées par ces plateformes — notes, absences, retards, comportement — sont-elles suffisamment sécurisées ? Qui y a réellement accès ? Ces interrogations, déjà soulevées par des associations de parents et des défenseurs des libertés numériques, se trouvent aujourd'hui amplifiées par la prise de position de l'influenceuse.

En refusant d'installer l'application, Olga Legosz assume un choix qu'elle sait minoritaire. Son message, qui a généré de nombreuses réactions en ligne, montre que la question de l'éducation à l'ère du numérique est loin d'être tranchée. Entre la volonté de protéger et celle de laisser faire, chaque famille cherche son équilibre, avec la conviction que l'école doit rester un lieu d'apprentissage de l'autonomie autant que de transmission des savoirs.

Étienne Chevalier

Auteur

Reporter sport

Étienne Chevalier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.