N° 243 lundi 31 août 2026

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Société

Réforme des lycées en Italie : histoire et géographie séparées, l’intelligence artificielle fait son entrée

Le ministère italien de l’Éducation prépare de nouvelles Indicazioni nazionali pour les lycées. Parmi les changements : la séparation de l’histoire et de la géographie, l’introduction de l’intelligence artificielle et une place renforcée pour la littérature. Un débat s’ouvre sur la manière d’enseigner.

Réforme des lycées en Italie : histoire et géographie séparées, l’intelligence artificielle fait son entrée
Indicazioni nazionali per i Licei: e se il Ministero questa volta avesse ragione?

Le ministère italien de l’Éducation a présenté un projet de réforme des programmes des lycées, les nouvelles Indicazioni nazionali, qui pourrait redéfinir en profondeur la manière d’enseigner au secondaire. Le texte prévoit notamment la séparation de l’histoire et de la géographie, l’entrée de l’intelligence artificielle dans les contenus pédagogiques et une centralité accrue de la littérature. Ces orientations, encore au stade de proposition, suscitent déjà un vif débat parmi les enseignants, les familles et les observateurs du système scolaire.

La mesure la plus discutée est sans doute la scission entre l’histoire et la géographie, deux disciplines jusqu’ici souvent associées dans les programmes. Les concepteurs du projet estiment que cette séparation permettrait à chacune de gagner en profondeur et en rigueur. L’histoire serait ainsi enseignée avec une chronologie plus claire et une attention renforcée aux grands mouvements politiques, sociaux et culturels, tandis que la géographie deviendrait une discipline autonome, davantage tournée vers les enjeux contemporains, les territoires et les dynamiques économiques et environnementales.

Autre nouveauté marquante : l’introduction de l’intelligence artificielle dans les enseignements. Le ministère entend préparer les élèves à un monde où les outils numériques et les systèmes automatisés occupent une place croissante. L’objectif affiché est double : familiariser les lycéens avec ces technologies, mais aussi développer un regard critique sur leurs usages, leurs limites et leurs implications éthiques. Cette orientation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place du numérique à l’école, déjà engagée dans plusieurs pays européens.

La littérature, quant à elle, se voit confier un rôle central dans le nouveau dispositif. Les auteurs du projet insistent sur la nécessité de transmettre un patrimoine culturel commun et de renforcer les compétences de lecture, d’analyse et d’expression. La littérature serait envisagée non seulement comme un objet d’étude, mais aussi comme un moyen de former l’esprit critique et la sensibilité des élèves, dans la continuité des humanités classiques qui ont longtemps structuré le système éducatif italien.

Ce projet intervient dans un contexte où l’école italienne cherche à s’adapter aux évolutions de la société, tout en conservant ses spécificités. Les débats sur les programmes ne sont pas nouveaux, mais la portée des changements proposés leur donne une résonance particulière. Les enseignants, premiers concernés, s’interrogent sur les conditions de mise en œuvre, la formation nécessaire et les moyens alloués. Les associations de parents, de leur côté, s’inquiètent de l’impact de ces réformes sur le quotidien des élèves et sur l’équilibre entre les disciplines.

Le ministère, lui, défend une vision ambitieuse : former des citoyens éclairés, capables de comprendre le monde dans sa complexité et de s’y engager avec discernement. La séparation de l’histoire et de la géographie, l’ouverture aux technologies et la valorisation de la littérature seraient autant de réponses aux défis éducatifs du XXIe siècle. Reste à savoir si ces intentions se traduiront dans les faits, et si elles recueilleront l’adhésion de la communauté éducative.

Pour l’heure, le texte est soumis à consultation. Les retours des acteurs de terrain, des syndicats et des experts devraient permettre d’affiner le dispositif avant une éventuelle adoption. La réforme des lycées, si elle aboutit, marquerait un tournant dans l’histoire de l’enseignement secondaire italien, avec des conséquences directes pour des centaines de milliers d’élèves et d’enseignants.

Élodie Rivière

Auteur

Journaliste société

Élodie Rivière couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.