Thomas Legrand quitte France Inter et appelle les rédactions à résister aux « campagnes extérieures »
Le journaliste politique Thomas Legrand, écarté de la grille de rentrée de France Inter, a appelé les directions de rédactions à faire preuve de « plus de courage » face aux pressions extérieures, lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public.
Le journaliste politique Thomas Legrand, écarté de la grille de rentrée de France Inter, a lancé un appel aux directions de rédactions pour qu'elles fassent preuve de « plus de courage » face aux « campagnes extérieures ». Il s'exprimait lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 18 décembre 2025.
Cette sortie intervient alors que le chroniqueur, figure bien connue du service public de radio, ne figure pas dans la programmation de la rentrée de la station. Son éviction a suscité des interrogations sur les conditions dans lesquelles les choix éditoriaux sont opérés au sein de l'audiovisuel public, et sur la capacité des rédactions à préserver leur indépendance.
Dans une tribune publiée par Le Monde, Thomas Legrand a également affirmé qu'« une rédaction prouve son indépendance lorsqu'elle en accepte le coût ». Une formule qui résume sa position : pour lui, la défense de l'autonomie journalistique ne peut pas se limiter à des déclarations de principe, elle doit se traduire par des décisions assumées, même lorsqu'elles sont coûteuses sur le plan professionnel ou institutionnel.
L'audition devant la commission d'enquête parlementaire s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la gouvernance de l'audiovisuel public en France. Les travaux de cette commission portent notamment sur les nominations, les orientations éditoriales et les pressions qui peuvent s'exercer sur les journalistes et les directions de chaînes et de stations.
Les déclarations de Thomas Legrand relancent le débat sur l'équilibre entre les attentes des pouvoirs publics, les sensibilités de l'opinion et la liberté éditoriale des médias de service public. En appelant les directions de rédactions à résister aux campagnes extérieures, le journaliste met en garde contre un risque de conformisme qui pourrait fragiliser la confiance du public dans l'information diffusée par les médias publics.
Cette prise de position intervient alors que la question de l'indépendance des médias est régulièrement posée en France, tant du côté des journalistes que des auditeurs. Les propos de Thomas Legrand pourraient nourrir les travaux de la commission d'enquête, qui doit rendre ses conclusions dans les prochains mois.


