Pour faire reculer les moustiques, la ville de Toulouse a mis en place un dispositif d'ampleur: 100 000 mâles stériles sont lâchés chaque semaine, en complément de bornes et de poissons mangeurs de larves. Ce programme cible en particulier le cimetière Terre-Cabade, l'un des lieux les plus touchés par la prolifération, notamment celle du moustique tigre.

Depuis plusieurs années, Toulouse et ses riverains subissent en effet une pression croissante de ces insectes. Le moustique tigre, particulièrement présent en été, transforme certains quartiers en véritables zones de nuisance. Face à l'ampleur du problème, les autorités locales ont décidé de ne pas se reposer sur une seule méthode et de combiner plusieurs outils complémentaires.

La principale nouveauté de cette stratégie repose sur la technique de l'insecte stérile. Des moustiques mâles sont stérilisés puis relâchés en grande quantité dans les zones concernées. Le principe est simple: lorsque les femelles s'accouplent avec ces mâles stériles, les œufs produits ne sont pas viables. La génération suivante diminue donc progressivement, sans qu'il soit nécessaire d'augmenter les traitements chimiques.

Ce lâcher hebdomadaire ne suffit pas à lui seul. Des bornes ont également été installées dans les espaces publics pour renforcer la protection aux abords des habitations. Dans les points d'eau, des poissons mangeurs de larves sont utilisés pour éliminer les larves avant leur transformation en moustiques adultes. Cette action ciblée permet de traiter des endroits où les insectes trouvent des conditions idéales pour se reproduire.

Le cimetière Terre-Cabade constitue un cas particulier. Comme beaucoup de nécropoles, il cumule des conditions propices à l'installation des moustiques: de nombreux récipients, fleurs et monuments funéraires peuvent retenir l'eau, offrant aux insectes de multiples sites de ponte. C'est pourquoi ce secteur bénéficie d'une attention renforcée dans le plan de lutte.

Le problème ne se limite pas à Toulouse. Dans d'autres villes de France, les moustiques tigres gagnent du terrain. À Dijon, des habitants décrivent un quartier entièrement envahi et estiment que les solutions domestiques ne suffisent plus. Le constat est similaire dans le Centre-Val de Loire, où la liste des communes concernées s'allonge rapidement. Cette progression régulière explique que de plus en plus de municipalités engagent des moyens lourds.

La bataille contre ce fléau demande toutefois de la persévérance. Les moustiques tigres se reproduisent vite et colonisent de nouveaux secteurs chaque été. Un lâcher de mâles stériles n'a d'effet que s'il est répété sur plusieurs semaines, afin de couvrir plusieurs cycles de reproduction. Les bornes et les poissons prédateurs agissent, eux, en continu sur les zones à risque.

Les habitants ont aussi un rôle à jouer. Signaler les zones où les moustiques se développent et éviter de laisser des eaux stagnantes près des habitations facilitent le travail des équipes de démoustication. À Toulouse, l'objectif est clair: réduire durablement la présence des moustiques et rendre à la ville, et à ses cimetières, un peu de tranquillité.