Le jeune milieu de terrain Ayyoub Bouaddi, âgé de 18 ans, a officiellement choisi de représenter le Maroc plutôt que la France, mettant fin à une intense compétition entre les deux fédérations. Cette décision, annoncée à la veille du quart de finale de la Coupe du monde 2026 entre les deux nations, illustre les efforts déployés par le Maroc pour attirer les talents binationaux.
Bouaddi, qui évolue au sein du club français de Lille, avait jusqu'à récemment porté le maillot des équipes de jeunes de la France, notamment avec les Bleuets il y a seulement trois mois et demi. Cependant, la Fédération royale marocaine de football a multiplié les démarches pour le convaincre de rejoindre les Lions de l'Atlas, faisant de son recrutement « une priorité absolue », selon des sources proches du dossier.
Le joueur, né en France de parents marocains, a été séduit par le projet sportif ambitieux du Maroc, qui mise sur une génération dorée pour briller sur la scène internationale. Le sélectionneur marocain, Walid Regragui, a personnellement rencontré Bouaddi à plusieurs reprises pour lui exposer sa vision, tandis que des joueurs stars comme Achraf Hakimi ont également joué un rôle de persuasion.
Cette décision intervient dans un contexte où le Maroc s'affirme comme une destination de choix pour les binationaux, grâce à ses performances récentes en Coupe du monde 2022, où il a atteint les demi-finales. La France, de son côté, perd un talent prometteur, mais conserve une profondeur de banc considérable dans son vivier de jeunes joueurs.
La bataille pour Bouaddi a été suivie de près par les observateurs du football, qui y voient un symbole de la concurrence accrue entre les sélections africaines et européennes pour les joueurs issus de la diaspora. Le Maroc, en particulier, a intensifié sa politique de détection et de naturalisation sportive, ciblant les jeunes talents évoluant en Europe.
Bouaddi, qui a fait ses débuts professionnels avec Lille en Ligue 1, est considéré comme l'un des milieux de terrain les plus prometteurs de sa génération. Sa polyvalence et sa vision du jeu lui ont valu des comparaisons avec des joueurs comme Yassine Bounou, bien que son poste soit différent. Il devrait intégrer le groupe marocain pour les prochains rassemblements, avec l'objectif de participer à la Coupe du monde 2026.
Le choix de Bouaddi a suscité des réactions contrastées en France, où certains estiment que la Fédération française de football aurait dû faire davantage pour le retenir. D'autres soulignent que le joueur a privilégié un projet où il se sent plus valorisé, dans une équipe marocaine en pleine ascension.
Ce transfert de sélection n'est pas un cas isolé. Plusieurs joueurs binationaux, comme le défenseur Nayef Aguerd ou l'attaquant Ilias Chair, ont également opté pour le Maroc ces dernières années, renforçant l'idée que le pays nord-africain devient une terre d'accueil pour les talents de la diaspora. La Fédération marocaine a mis en place une cellule dédiée au suivi des binationaux, avec des recruteurs basés en Europe.
Pour le Maroc, l'enjeu est double : renforcer son équipe nationale pour les compétitions à venir, tout en capitalisant sur l'image positive de sa sélection. La Coupe du monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, représente une vitrine majeure pour les Lions de l'Atlas, qui espèrent confirmer leur statut de révélation du football mondial.
Bouaddi, de son côté, devra désormais s'imposer dans un milieu de terrain marocain déjà compétitif, avec des joueurs comme Sofyan Amrabat ou Azzedine Ounahi. Sa capacité à s'adapter au style de jeu de l'équipe sera scrutée de près, alors que le Maroc prépare les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les fédérations européennes face à l'attractivité croissante des sélections africaines. La France, qui a longtemps dominé le marché des binationaux grâce à son centre de formation réputé, doit désormais composer avec une concurrence plus forte, notamment de la part du Maroc, de l'Algérie et du Sénégal.