La Belgique a infligé une sévère défaite 4-1 aux États-Unis lundi soir à Seattle, en huitième de finale de la Coupe du monde 2026, dans un match surnommé « Trump game » en raison de l’implication du président américain. Les Diables Rouges, transcendés par un sentiment de révolte, ont surclassé des Américains méconnaissables, malgré la présence controversée de leur attaquant Folarin Balogun, dont la suspension avait été annulée par la Fifa après un pressing de Donald Trump.
Dès la 9e minute, Charles De Ketelaere ouvrait le score sur un service de Nicolas Raskin. Les États-Unis égalisaient sur un coup franc dévié par Hans Vanaken (31e), mais De Ketelaere redonnait l’avantage aux Belges à la 33e minute, servi par Leandro Trossard. En seconde période, le gardien américain Matt Freese commettait une boulette monumentale : après un contrôle de la poitrine, il tentait une feinte de frappe incompréhensible, perdait l’équilibre et jouait court vers son défenseur Tim Ream, permettant à De Ketelaere de contrer le ballon. Hans Vanaken, seul face au but vide, inscrivait le troisième but belge (57e). Romelu Lukaku, entré en jeu, ajoutait un quatrième but dans le temps additionnel (90e+3).
La célébration de Lukaku a fait le tour des réseaux sociaux : l’attaquant napolitain a imité la danse de Donald Trump, effectuée sur l’air de YMCA lors de ses meetings, rejoint par ses coéquipiers. Un chambrage de haute volée qui a ajouté une dimension politique à ce match déjà chargé de tensions. Le président américain avait en effet déclaré avant la rencontre que si les Belges gagnaient, il dirait que le match était « truqué, tout comme l’élection de 2020 ».
Sur le plan tactique, le sélectionneur belge Rudi Garcia a réalisé un coup de maître en laissant sur le banc Jérémy Doku et Kevin De Bruyne, sans même les faire entrer en jeu. Charles De Ketelaere, aligné en pointe, a été le grand artisan de la victoire avec un doublé et une pression décisive sur la boulette américaine. Les Belges ont dominé les débats (13 occasions à 5, 15 tirs à 7) et se sont montrés cliniques face au but, contrairement à leurs adversaires, qui ont possédé le ballon sans jamais être dangereux (56,2 % de possession stérile).
Cette qualification en quarts de finale est une revanche pour la Belgique, qui avait été miraculée au tour précédent contre le Sénégal, remontant un déficit de 0-2 à la 85e minute pour s’imposer 3-2. Les Diables Rouges, portés par un collectif solide et un Romelu Lukaku décisif en « supersub », poursuivent leur route dans ce Mondial américain. Pour les États-Unis, l’élimination est cruelle, d’autant qu’ils avaient montré un visage séduisant en phase de groupes avec trois victoires en quatre matchs et dix buts inscrits. La polémique autour de Balogun et les déclarations de Trump n’auront pas suffi à inverser le cours du match.
Le gardien Matt Freese, auteur de l’une des plus grosses boulettes de la compétition, restera comme le symbole de cette déroute américaine. Sa feinte maladroite, alors qu’il n’était sous aucune pression, a offert un but gag à la Belgique et anéanti les espoirs de retour des siens. Un moment qui restera dans les annales de la Coupe du monde, tout comme la danse moqueuse de Lukaku.