Le quart de finale de la Coupe du monde 2026 entre l'Angleterre et la Norvège, disputé samedi soir à Miami, restera marqué par une polémique technique qui agite le monde du football. Alors que les Three Lions se sont imposés 2-1 après prolongation, l'égalisation anglaise juste avant la pause (45e+2) fait débat : les Norvégiens affirment que le ballon a heurté le câble d'une caméra aérienne suspendue au-dessus du terrain, modifiant ainsi le cours du jeu.
L'action litigieuse s'est déroulée lorsque le gardien norvégien Orjan Nyland a dégagé le ballon. Selon les protestations des joueurs scandinaves, le cuir aurait touché le câble de la caméra située en hauteur au milieu du terrain, retombant directement dans les pieds d'Elliot Anderson. Ce dernier a ensuite lancé l'attaque qui a abouti au but de Jude Bellingham, permettant à l'Angleterre d'égaliser avant la mi-temps.
Le sélectionneur norvégien Stale Solbakken s'est montré catégorique en conférence de presse après la rencontre. « Le ballon est tombé tout droit, directement du ciel, devant le banc. Beaucoup sur le banc ont réagi immédiatement, il n'y a aucun doute que le ballon a touché quelque chose », a-t-il déclaré, visiblement frustré par cette décision qui a changé le destin de son équipe.
La FIFA a rapidement réagi en publiant un communiqué officiel pour clarifier la situation. Selon l'instance dirigeante du football mondial, la puce électronique intégrée au ballon, appelée « Connected Ball », n'a détecté aucune preuve de changement de direction. L'organisation a diffusé sur ses réseaux sociaux un graphique représentant les mouvements détectés par le capteur, montrant l'absence de pic dans le « rythme cardiaque du ballon » lorsqu'il se trouvait en l'air.
« Je ne peux rien dire là-dessus, parce que s'il n'y a eu ni son ni mouvement dans la puce, qu'est-ce que je peux dire contre ça ? », a interrogé Solbakken, fataliste, en réaction aux explications de la FIFA. Cette réponse n'a pas suffi à apaiser les tensions, notamment du côté d'Alf-Inge Haaland, père de la star norvégienne Erling Haaland et ancien joueur professionnel.
Alf-Inge Haaland, très remonté après l'élimination de son pays, a exprimé sa colère sur la chaîne DAZN. « Aujourd'hui, c'est l'arbitre qui a gagné. C'est ce que je ressens. D'habitude, je n'aime pas parler des arbitres après un match, mais quand tant de moments clés tournent à l'encontre d'une équipe, c'est impossible de l'ignorer. On a vu le but refusé à Torbjorn Heggem, on a vu des décisions controversées tout au long du match. À ce niveau, ce sont ces moments-là qui changent le cours d'un match », a-t-il déploré.
De son côté, le sélectionneur anglais Thomas Tuchel a adopté une position plus mesurée. « Il y a une puce dans le ballon qui peut te dire si un cheveu le touche, comme on le sait depuis Croatie-Portugal. Elle devrait être capable de te dire si c'est arrivé. Je n'étais pas au courant, je ne l'ai pas vu », a commenté l'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain, semblant accorder du crédit à la technologie.
Cette polémique s'ajoute à une série de décisions arbitrales controversées lors de ce quart de finale. L'arbitre français Clément Turpin a notamment refusé un deuxième but aux Norvégiens après intervention de son assistant vidéo Jérôme Brisard, en raison d'une poussée d'Erling Haaland sur Elliot Anderson (56e). Il a également annulé un penalty accordé aux Anglais pour une faute jugée légère lors des prolongations (101e).
Les Norvégiens ont exprimé leur colère en conférence de presse, estimant que l'arbitrage avait systématiquement tourné en faveur des Anglais. Le but refusé à Torbjørn Heggem, qui aurait permis aux Scandinaves de reprendre l'avantage, a particulièrement alimenté le sentiment d'injustice. Pour les supporters norvégiens et une partie des observateurs, ces décisions cumulées ont privé la Norvège d'une chance légitime de se qualifier pour les demi-finales.
Cette controverse relance le débat sur l'utilisation des technologies dans le football. Si la puce du ballon est censée fournir des données objectives, certains estiment qu'elle ne peut pas détecter un contact léger avec un câble, surtout si celui-ci n'altère pas significativement la trajectoire. La question de la fiabilité des capteurs et de leur capacité à couvrir tous les scénarios possibles reste ouverte, d'autant plus que les images vidéo n'ont pas permis de trancher de manière définitive.
L'Angleterre, désormais qualifiée pour les demi-finales, devra faire face à un adversaire encore inconnu tandis que la Norvège rentre chez elle avec un goût d'inachevé. Cette affaire pourrait inciter la FIFA à revoir ses protocoles concernant les équipements aériens dans les stades, afin d'éviter que de telles polémiques ne ternissent l'image du tournoi.