L'équipe de France a décroché son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 en dominant le Paraguay samedi au Lincoln Financial Field de Philadelphie, mais le chemin vers la victoire a été semé d'embûches. Les hommes de Didier Deschamps ont dû faire face à une opposition particulièrement rugueuse, fidèle à la réputation de la « garra guarani », cette combativité légendaire du football paraguayen. Loin de se laisser déstabiliser, les Bleus ont démontré une maîtrise psychologique et physique qui a fait la différence.

Dès les premières minutes, le ton était donné. Les Paraguayens, sous la direction de Gustavo Alfaro, ont déployé une stratégie défensive agressive, basée sur des tacles appuyés et des gestes d'intimidation. Le gardien Orlando Gill, auteur de plusieurs arrêts décisifs, a justifié cette approche après la rencontre : « C'est le football. Si on n'est pas habitués à ça, qu'est-ce qu'on peut y faire ? Le Paraguay est comme ça, une sélection rude, qui est au-dessus au niveau physique. Dès les premières minutes, il fallait se montrer sur le terrain, être dur sur l'homme. Si le ballon passait, le joueur ne devait pas passer. » Une philosophie qui a mis les attaquants français à rude épreuve, notamment Kylian Mbappé, victime d'un coup de coude non sanctionné de Matias Galarza.

Malgré les provocations répétées et un arbitrage permissif, les joueurs français ont réussi à ne pas perdre leur sang-froid. Un travail de préparation mentale mené en amont par le staff a porté ses fruits. « On était préparés à ça, ça fait quelques jours que le coach nous expliquait que la qualité principale du Paraguay, c'était de faire la guerre, de faire sortir les joueurs adverses de leur match », a confié Rayan Cherki en zone mixte. « On était prêts, on avait envie de rappeler à tout le monde que nous aussi, on savait faire la guerre. » Cette détermination a été partagée par l'ensemble du groupe, comme l'a souligné Mbappé au micro de M6 : « On a montré qu'on n'était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Ils pensaient qu'on allait venir jouer en smoking, qu'on allait juste venir faire des belles actions et des une-deux. Nous, on sait aussi faire le sale football. On a gagné et même là-dedans, on a été meilleurs qu'eux. »

Bradley Barcola, dont les chevilles ont été particulièrement ciblées par les défenseurs paraguayens, a également fait preuve d'une retenue exemplaire. « Avec tous les coups que j'ai reçus, il ne fallait pas que je réponde, que je rentre dans ce jeu-là. C'était très compliqué, mais c'était une bonne expérience », a-t-il expliqué. Les Bleus ont même poussé la provocation jusqu'à répondre par des sourires aux agressions, ce qui a eu le don d'agacer davantage leurs adversaires. Ousmane Dembélé s'est mué en ange gardien sur penalty pour éviter que les Sud-Américains ne transforment la surface en champ de bataille, tandis que Mbappé a affiché un sourire narquois après une faute subie, narguant ses vis-à-vis.

Le moment le plus chaud de la rencontre est survenu lors de la pause hydratation en seconde période, lorsqu'un début d'échauffourée a éclaté, provoqué par les Paraguayens venus directement se frotter à Mbappé. Didier Deschamps a dû intervenir personnellement pour calmer ses troupes. « On menait et il ne fallait pas entrer dans le jeu du Paraguay, sinon on ne peut pas s'en sortir. Il ne fallait surtout pas faire de gestes ou quoi que ce soit. J'ai monté le ton car on pouvait exciter le Paraguay encore plus, et on n'avait pas besoin de ça. Ce n'est pas facile mais on l'a fait, on a gardé nos nerfs et c'est l'essentiel », a raconté le sélectionneur en conférence de presse.

Pour éviter tout débordement après le coup de sifflet final, Deschamps avait même anticipé en demandant aux deux joueurs les plus costauds sur le banc de protéger Mbappé. « J'ai demandé aux deux joueurs les plus costauds sur le banc qu'ils aillent tout de suite le protéger à la fin parce qu'on ne sait jamais », a-t-il révélé. Une précaution qui s'est avérée judicieuse face à une équipe paraguayenne déterminée à ne pas être « déshonorée ». Les Bleus, désormais en quarts de finale, ont prouvé qu'ils savaient s'adapter à tous les styles de jeu, même les plus hostiles.