Le président des États-Unis, Donald Trump, a jeté un pavé dans la mare du football mondial en reconnaissant publiquement, ce lundi, avoir sollicité le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour qu'il réexamine le carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun lors de la Coupe du monde 2026. Cette révélation, faite lors d'un événement à la Maison-Blanche, intervient alors que la suspension de Balogun a été levée avec sursis, lui permettant de disputer le huitième de finale contre la Belgique, prévu mardi soir. L'aveu de Trump a immédiatement relancé les critiques sur l'ingérence politique dans le sport et jeté une ombre sur l'intégrité de la compétition.

L'affaire a débuté mercredi dernier, lors du match des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine. Folarin Balogun, meilleur buteur de la sélection américaine, a été exclu après un carton rouge jugé sévère par de nombreux observateurs. La commission de discipline de la FIFA avait initialement suspendu l'attaquant pour le huitième de finale, une décision qui semblait scellée. Cependant, quelques jours plus tard, la sanction a été levée avec sursis, une mesure inhabituelle dans le cadre d'un tournoi de cette envergure. Cette décision a rapidement suscité des interrogations, d'autant que plusieurs médias ont révélé que l'entourage de Donald Trump, dont le ministre du Commerce Howard Lutnick et Andrew Giuliani, responsable du groupe de travail de la Maison-Blanche sur le Mondial, avait été mobilisé.

Interrogé sur son rôle dans cette affaire, Donald Trump n'a pas nié avoir contacté Gianni Infantino. « Oui, j'ai parlé à Gianni », a-t-il déclaré, avant de préciser : « Tout ce que j'ai fait, c'est demander un réexamen parce que je ne pensais pas que c'était une faute. Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire, et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision. » Selon le site Politico, lors de cet échange téléphonique, « Gianni Infantino a écouté attentivement sans faire de promesse ». Malgré ces précautions oratoires, l'aveu de Trump constitue une reconnaissance explicite d'une intervention politique dans le processus disciplinaire de la FIFA.

Le président américain a également critiqué l'arbitrage du match contre la Bosnie-Herzégovine, sans nommer l'arbitre brésilien Raphael Claus. Il a qualifié l'arbitrage d'« horrible » et de « très douteux », tout en affirmant avoir découvert à cette occasion les conséquences d'un carton rouge. « Je ne savais même pas ce qu'était un carton rouge. Quand je l'ai découvert, je me suis dit : "C'est pas vrai". Ce type [l'arbitre] lève juste la main et ton meilleur joueur ne va pas jouer la semaine prochaine ou lors du prochain match », a-t-il déclaré, semblant minimiser les règles fondamentales du football. Ces propos, jugés ignorants par certains commentateurs sportifs, ont ajouté à la controverse.

De son côté, la Belgique, qui devait affronter les États-Unis sans Balogun, a tenté de contester la décision de la FIFA. La commission d'appel de l'instance a toutefois jugé le recours belge « irrecevable », confirmant ainsi que l'attaquant américain pourrait bien être aligné. Cette décision a été perçue comme un camouflet pour les Diables Rouges, qui estiment que l'équité sportive a été bafouée. La polémique s'est encore amplifiée lorsque des informations ont fait état de l'implication de Scott Goodwin, gestionnaire d'un fonds d'investissement ayant participé au recrutement du sélectionneur américain Mauricio Pochettino, dans les démarches auprès de la FIFA.

Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu pour la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. L'ingérence présumée de la Maison-Blanche dans les décisions sportives soulève des questions sur l'indépendance de la FIFA et sur la politisation croissante du football. Les critiques estiment que cette intervention, même si elle n'a pas directement ordonné la levée de la suspension, a créé un précédent dangereux. « C'est une atteinte à l'intégrité du sport », a commenté un analyste sportif, tandis que d'autres y voient une manœuvre politique de Trump pour séduire l'électorat sportif à l'approche des élections de mi-mandat.

Donald Trump, de son côté, s'est réjoui de voir les États-Unis affronter la Belgique avec « une équipe au complet », insinuant que son intervention avait permis de rétablir une forme de justice. Il a également réitéré son soutien à l'équipe nationale, qu'il considère comme un vecteur de fierté nationale. Cependant, pour les puristes du football, cette affaire restera comme l'un des épisodes les plus controversés de l'histoire récente de la Coupe du monde, où les frontières entre le sport et la politique se sont dangereusement estompées.