La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé mardi la nomination de l'arbitre argentin Facundo Tello pour officier lors du quart de finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et le Maroc, prévu jeudi à Boston (États-Unis). Une désignation qui aurait pu susciter des inquiétudes chez les Bleus, compte tenu des tensions persistantes entre la France et l'Argentine depuis la finale du Mondial 2022 au Qatar. Pourtant, l'équipe de France affiche une sérénité totale et refuse de tomber dans ce qu'elle qualifie de « paranoïa ».
En conférence de presse, les joueurs et le staff tricolores ont balayé toute polémique. « Il ne faut pas tomber dans la paranoïa », ont-ils déclaré, faisant référence aux spéculations sur un éventuel favoritisme de l'arbitre en faveur du Maroc ou, au contraire, sur une volonté de nuire aux Bleus en raison de la rivalité footballistique avec l'Argentine. Pour les champions du monde 2018, l'essentiel est de se concentrer sur le match et sur leur objectif : décrocher une place en demi-finale.
Facundo Tello, 44 ans, n'est pas un inconnu. Il participe à son deuxième Mondial après avoir déjà officié au Qatar en 2022. Lors de cette édition, il a notamment arbitré le quart de finale entre le Maroc et le Portugal, remporté par les Lions de l'Atlas (1-0). Les Marocains gardent donc un bon souvenir de lui, même si l'attaquant Walid Cheddira avait été expulsé lors de ce match. Pour les Bleus, c'est une première : Tello n'a jamais dirigé un match de l'équipe de France.
L'arbitre argentin s'est fait une réputation dans son pays pour avoir distribué dix cartons rouges lors d'un seul match de championnat argentin, un record qui témoigne de sa sévérité. Depuis 2012, il cumule plus de 400 matches internationaux au compteur, une expérience solide qui a convaincu la FIFA de lui confier cette rencontre à enjeu. Lors de la phase de groupes du Mondial 2026, il a déjà arbitré Canada-Bosnie et Afrique du Sud-Corée du Sud.
La désignation de Tello intervient dans un contexte particulier. Mardi soir, l'arbitre français François Letexier a dirigé le huitième de finale entre l'Argentine et l'Égypte. Lors de ce match, Letexier a accordé un penalty aux Argentins (manqué par Lionel Messi) et refusé, après consultation de la VAR, un but aux Égyptiens pour une faute en début d'action. Cette double décision a relancé les débats sur l'arbitrage et alimenté les spéculations autour de la nomination de Tello pour France-Maroc.
Du côté des Bleus, on préfère relativiser. « On ne va pas se focaliser là-dessus. L'arbitre est un professionnel, il fera son travail », a glissé un membre du staff. Les joueurs, eux, se disent concentrés sur leur préparation et sur l'analyse du jeu marocain, emmené par des joueurs comme Achraf Hakimi ou Youssef En-Nesyri. La France, qui figure parmi les grands favoris pour le titre, aborde ce quart de finale avec ambition mais aussi avec prudence face à une équipe marocaine qui a déjà créé la surprise en 2022 en atteignant le dernier carré.
Le match France-Maroc s'annonce bouillant, tant sur le plan sportif que symbolique. Au-delà de l'enjeu sportif, cette rencontre est chargée d'histoire entre les deux nations, avec une forte diaspora marocaine en France. Les supporters des deux camps sont attendus en nombre à Boston, où la sécurité a été renforcée. La FIFA espère que l'arbitrage de Facundo Tello permettra de garantir le fair-play et d'éviter toute polémique.
En cas de victoire, la France affronterait le vainqueur du quart de finale entre le Brésil et le Portugal, prévu vendredi. Les Bleus, qui ont déjà remporté la Coupe du monde en 1998 et 2018, visent un troisième titre mondial. Mais avant cela, il faudra passer l'obstacle marocain, sous l'œil vigilant de l'arbitre argentin. Une chose est sûre : les hommes de Didier Deschamps ne veulent pas se laisser perturber par les considérations extra-sportives.