Le XV de France a frôlé l’exploit historique, samedi 4 juillet à Christchurch, en s’inclinant sur le fil face aux All Blacks (32-34) lors du match d’ouverture du nouveau Championnat des nations. Menés de seulement deux points à la sirène, les Bleus ont obtenu deux points de bonus offensif et défensif, mais n’ont pas réussi à mettre fin à une disette qui dure depuis dix-sept ans en Nouvelle-Zélande. Le sélectionneur Fabien Galthié a livré une analyse sans détour après la rencontre : « Les All Blacks ont eu très chaud aux fesses. »
Le duel, disputé au stade de Christchurch devant plus de 30 000 spectateurs, a tenu toutes ses promesses. Les Français, emmenés par un Matthieu Jalibert inspiré à l’ouverture, ont longtemps rivalisé avec les Néo-Zélandais, alternant temps forts défensifs et fulgurances offensives. Mais un essai néo-zélandais en fin de match, transformé sous pression, a scellé le sort des visiteurs. Malgré la défaite, le XV de France repart avec deux points de bonus, un résultat qui pourrait peser dans la course au titre dans ce nouveau format de compétition.
Le nouveau sélectionneur des All Blacks, Dave Rennie, a reconnu que la victoire avait été arrachée dans la douleur. Interrogé après le match, il a confié ressentir « plus de soulagement que de joie ». « Nous savions que la France serait un adversaire coriace, mais nous avons commis trop d’erreurs en première période. Leur combativité nous a mis en difficulté jusqu’au bout », a-t-il ajouté. Rennie, qui prenait les rênes de l’équipe néo-zélandaise pour la première fois en compétition officielle, a salué la performance des Bleus tout en soulignant la nécessité d’améliorer la discipline de son équipe.
Ce match marque le lancement du Championnat des nations, une compétition qui réunit les meilleures sélections de l’hémisphère Sud et du Nord dans un format inédit. Pour la France, il s’agit d’une occasion manquée de briser une série noire : le dernier succès des Bleus en Nouvelle-Zélande remonte à 2009, à Dunedin. Depuis, les Français ont enchaîné treize défaites consécutives face aux All Blacks, dont plusieurs à l’extérieur. Le scénario de ce samedi, avec une défaite sur le fil, rappelle celui de 2021, lorsque les Bleus s’étaient inclinés de trois points à Christchurch.
Fabien Galthié, qui dirigeait son premier match de la saison, a souligné la progression de son groupe. « Nous avons montré que nous pouvions rivaliser avec les meilleurs, même chez eux. Les joueurs ont fait preuve d’un engagement total et d’une grande maîtrise tactique. Ce n’est pas une victoire, mais c’est un signal fort envoyé à tout le rugby mondial », a-t-il déclaré en conférence de presse. Le sélectionneur a également mis en avant le travail défensif, qui a permis de contenir les attaques néo-zélandaises pendant de longues séquences.
Du côté néo-zélandais, plusieurs cadres ont reconnu que la France avait posé de sérieux problèmes. Le capitaine des All Blacks, Ardie Savea, a salué la « résilience » des Bleus, tout en admettant que son équipe avait « eu chaud ». « Ils ont joué avec beaucoup d’intensité et nous ont poussés dans nos retranchements. Nous devons être plus précis si nous voulons remporter ce championnat », a-t-il commenté. Savea a également souligné l’importance du soutien du public de Christchurch, qui a porté les siens dans les moments difficiles.
Le Championnat des nations, qui remplace l’ancienne tournée de juillet, prévoit plusieurs rencontres entre les équipes des deux hémisphères. Pour la France, le prochain rendez-vous est prévu dans une semaine contre l’Argentine, à Buenos Aires. Les Bleus devront confirmer leur bonne prestation face aux Pumas, une équipe qu’ils avaient battue lors de la dernière tournée d’automne. En cas de victoire, ils pourraient se replacer dans la course au titre, avant un choc attendu contre l’Afrique du Sud en clôture de la phase de poules.
Au-delà du résultat, ce match a confirmé la montée en puissance du XV de France sous l’ère Galthié. Les jeunes joueurs, comme le troisième ligne ou le centre, ont montré qu’ils pouvaient tenir tête aux cadors mondiaux. Les observateurs notent que la marge de progression est encore grande, notamment dans la gestion des fins de match et la discipline. Mais l’essentiel est là : les Bleus ont prouvé qu’ils n’étaient plus des outsiders en Nouvelle-Zélande. Comme l’a résumé Galthié : « Nous avons planté une graine. Maintenant, il faut la faire germer. »