Lionel Messi continue d'écrire sa légende en Coupe du monde. À 39 ans, l'attaquant argentin a inscrit son septième but de l'édition 2026 lors d'un seizième de finale haletant contre le Cap-Vert, remporté 3-2 après prolongation dans la nuit de vendredi à samedi à Boston. Ce nouveau exploit porte son total à vingt réalisations en phase finale de Mondial, un record qui renforce son statut de joueur le plus décisif de l'histoire de la compétition.

Pourtant, l'Argentine, tenante du titre, a été poussée dans ses retranchements par une équipe du Cap-Vert héroïque et néophyte dans le tournoi. Les Requins Bleus, comme on surnomme la sélection cap-verdienne, sont revenus au score à deux reprises, égalisant notamment à la 103e minute en prolongation, avant de céder une nouvelle fois avant la séance de tirs au but. Le match, disputé sous une chaleur humide à Miami, a mis en lumière la résilience d'une petite nation du football africain qui a failli créer l'un des plus grands exploits de l'histoire de la Coupe du monde.

La performance de Messi suscite une interrogation centrale : à presque 39 ans, peut-il maintenir un tel rythme tout au long de la compétition ? Déjà auteur de six buts en trois matches de phase de groupes, l'Argentin a ajouté une septième réalisation lors de ce seizième de finale. Son entraîneur, Lionel Scaloni, a souligné après le match que « Messi est capable d'aller jusqu'au bout », mais les observateurs notent que l'attaquant a paru fatigué en fin de rencontre, après avoir joué l'intégralité des 120 minutes.

Le contexte physique est d'autant plus préoccupant que l'Argentine affrontera l'Égypte le 7 juillet prochain en huitièmes de finale. Les Pharaons, emmenés par Mohamed Salah, représentent un adversaire redoutable, et le rythme effréné des matches à élimination directe pourrait peser sur les jambes de Messi. Les statistiques montrent que le joueur du Paris Saint-Germain a parcouru en moyenne 10,5 kilomètres par match dans ce Mondial, un effort considérable pour un joueur de son âge.

Le match contre le Cap-Vert a également été marqué par une polémique extra-sportive. Le capitaine de la sélection cap-verdienne, Ryan Mendes, était titulaire malgré une enquête pour viol ouverte en Nouvelle-Zélande. Cette affaire, révélée par la presse française, a jeté une ombre sur la compétition, mais n'a pas empêché le joueur de mener son équipe avec courage sur le terrain. Mendes a été l'un des artisans de la résistance cap-verdienne, organisant la défense et lançant des contre-attaques dangereuses.

Pour l'Argentine, la qualification dans la douleur soulève des questions sur la profondeur de l'effectif. Si Messi reste le leader incontesté, d'autres joueurs comme Lautaro Martínez ou Ángel Di María n'ont pas encore atteint leur meilleur niveau. La défense, notamment, a montré des failles face à la rapidité des attaquants cap-verdiens, ce qui pourrait être exploité par des équipes plus expérimentées comme l'Égypte ou, plus tard, le Brésil ou la France.

Le Cap-Vert, de son côté, quitte la compétition la tête haute. Pour sa première participation à une Coupe du monde, la sélection africaine a impressionné par son jeu collectif et sa détermination. Les Requins Bleus ont tenu tête à l'Argentine pendant 120 minutes, un exploit qui restera dans les mémoires. Le sélectionneur cap-verdien a déclaré après le match que « nous avons montré que le football africain a sa place parmi les meilleurs ». Cette performance devrait ouvrir des perspectives pour le développement du football dans l'archipel.

En attendant, tous les regards sont tournés vers Lionel Messi. Peut-il continuer à porter l'Argentine sur ses épaules jusqu'à la finale ? Les précédents sont encourageants : en 2022, il avait déjà réalisé un parcours exceptionnel à 35 ans, marquant sept buts et délivrant trois passes décisives pour mener son pays au titre. Mais à 39 ans, la marge est plus étroite. Les prochains matches, à commencer par celui contre l'Égypte, seront décisifs pour savoir si la légende peut encore repousser les limites du possible.