Pascal Dupraz n'a pas mâché ses mots. L'ancien entraîneur de Ligue 1, invité dimanche 2 août de l'émission « Les Grandes Gueules du Sport », a vivement critiqué le choix de Benjamin Mendy, qui a vendu son trophée de champion du monde remporté avec l'équipe de France en 2018. « C'est comme si tu vendais ton âme au diable », a lancé l'ancien coach du Toulouse FC, stupéfait par la décision de l'international français.
Le technicien a expliqué ne pas comprendre comment un joueur pouvait se séparer d'un objet à la valeur symbolique aussi forte. À ses yeux, ce trophée représente l'aboutissement suprême d'une carrière de footballeur et une page de l'histoire du football français. Un tel bien devrait être conservé, chéri et transmis aux générations suivantes, plutôt que de rejoindre les mains d'un acheteur. Pour lui, rien ne peut justifier ce sacrifice, quelle que soit la situation personnelle du joueur. L'ancien entraîneur a d'ailleurs insisté sur le caractère irremplaçable d'un tel souvenir, qu'aucune somme d'argent ne pourrait racheter.
Benjamin Mendy comptait parmi les joueurs sacrés champions du monde avec les Bleus à l'été 2018. Ce soir-là, à Moscou, l'équipe de France avait dominé la Croatie en finale et décroché sa deuxième étoile, la première depuis le sacre de 1998. Le latéral gauche évoluait alors à Manchester City, au sommet de sa carrière, après des débuts prometteurs au Havre puis un passage à l'Olympique de Marseille et à l'AS Monaco. Il partageait le vestiaire d'une génération dorée, portée par des joueurs comme Griezmann, Mbappé ou Pogba. Vendre une telle distinction est un geste extrêmement rare de la part d'un champion du monde.
La suite de son parcours a été nettement plus compliquée. Sa carrière a été interrompue par une longue procédure judiciaire au terme de laquelle il a été acquitté, après plusieurs saisons passées loin des terrains. Pendant cette période, il a notamment cessé de percevoir son salaire de Manchester City, ce qui a lourdement pesé sur ses finances. Même après son acquittement, le joueur a dû composer avec les conséquences de cette mise à l'écart, tant sur le plan sportif que financier. Il est revenu au football en rejoignant le FC Lorient, où il a tenté de relancer sa carrière, sans jamais effacer les années perdues.
C'est dans ce contexte que s'inscrit la vente de son trophée mondial, une décision que Pascal Dupraz refuse de cautionner. Réputé pour son franc-parler et ses formules chocs, l'ancien entraîneur du TFC, passé par d'autres bancs de Ligue 1, s'est toujours distingué par sa liberté de ton. Sa sortie dominicale a été largement relayée et a relancé le débat sur la fragilité de la situation des joueurs une fois leur carrière interrompue.
Au-delà du cas personnel de Benjamin Mendy, cette affaire pose une question plus large: que reste-t-il, après la gloire, aux sportifs confrontés à une chute brutale? Pour Pascal Dupraz, la réponse est sans appel: vendre son trophée de champion du monde, c'est se couper de sa propre histoire. Un geste qu'il dit ne pouvoir ni comprendre ni excuser.



