À trois jours de la demi-finale de la Coupe du monde entre la France et l'Espagne, l'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a provoqué une vive polémique en déclarant que l'équipe de France, bien que de « très haut niveau », était composée d'un effectif « sans Français ». Ces propos, tenus dans une tribune publiée par le média El Debate, ont immédiatement suscité l'indignation de nombreuses personnalités politiques françaises, qui y voient un « racisme crasseux » et une « haine banalisée ».

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a été l'un des premiers à réagir sur le réseau social X. Il a rappelé que « l'équipe de France ne comprend que des Français » et que « la France n'est pas une nation ethnique, elle n'a pas de couleur de peau ou de religion ». Il a ajouté que la France est « une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine », avant de conclure : « N'en déplaise à la droite raciste. »

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a également condamné ces propos. « Hier une sénatrice du Paraguay, maintenant l'ancien Premier ministre d'Espagne : ils ne peuvent pas s'empêcher d'exprimer un racisme crasseux pour tenter d'énerver notre belle équipe de France », a-t-il écrit, faisant référence à une précédente polémique impliquant une élue paraguayenne.

Des membres du gouvernement français ont aussi réagi avec fermeté. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou (Horizons), a dénoncé des « obsessions et insultes racistes » qui ressurgissent à chaque victoire des Bleus. « Ce ne sont pas des dérapages. C'est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu'elle est », a-t-elle déclaré, appelant la Fédération française de football à engager des « poursuites » contre de tels propos.

Sa collègue Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations (Renaissance), a critiqué des « dérapages racistes répétés ». « Il est temps qu'ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère », a-t-elle insisté.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, interrogé sur BFMTV, a qualifié la déclaration de Mariano Rajoy d'« absolument inacceptable ». Il a rappelé que l'équipe de France est composée de joueurs de toutes origines, mais tous français, et que ces attaques sont contraires aux valeurs républicaines.

La polémique a également franchi les frontières. En Espagne, le ministre des Transports du gouvernement socialiste, Oscar Puente, a qualifié Mariano Rajoy d'« idiot post-franquiste », ajoutant que ce dernier n'avait jamais été « modéré ». L'ambassade de France à Madrid a également réagi sur les réseaux sociaux, rappelant un fait simple : « Tous les joueurs de l'équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l'étranger sont également français. »

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'équipe de France, régulièrement ciblée par des attaques racistes. En juillet 2026, une sénatrice paraguayenne avait déjà tenu des propos similaires, suscitant une vague d'indignation. Les Bleus, habitués à ces polémiques, restent concentrés sur leur objectif : la demi-finale contre l'Espagne, prévue mardi.

Mariano Rajoy, ancien chef du gouvernement espagnol de 2011 à 2018, avait quitté le pouvoir après une motion de censure, sur fond de scandale de financement illégal de son parti. Sa tribune, qui visait à analyser les forces en présence avant le choc France-Espagne, a finalement provoqué une tempête politique bien au-delà du terrain de football.