Le Tour de France 2026 a offert un scénario contrasté pour Paul Seixas, le grand espoir du cyclisme français, lors de la deuxième étape reliant Tarragone à Barcelone. Victime d’une crevaison au moment où le peloton s’apprêtait à aborder le circuit final sur les pentes de Montjuïc, le coureur de l’équipe Décathlon-CMA CGM a dû puiser dans ses réserves pour revenir dans le groupe de tête. Il a finalement pris la huitième place, à trois secondes du vainqueur, le Mexicain Isaac Del Toro, qui a lui-même surmonté une mésaventure mécanique.
L’incident mécanique est survenu alors que l’équipe de Seixas venait de se mettre au service de son coéquipier Olav Kooij. Privé de son vélo, le Français a d’abord reçu celui d’Aurélien Paret-Peintre avant de patienter pour un modèle mieux adapté à sa morphologie. Il a ensuite dû combler son retard sans aucune aide de ses équipiers, déjà mobilisés. « C’est très bien au vu des circonstances, ça a été compliqué après ma crevaison, j’ai réussi à me retrouver dans les premières positions mais j’ai laissé des cartouches à ce moment-là », a-t-il confié à l’arrivée.
La remontée de Seixas a failli tourner court lorsqu’une voiture de l’organisation s’est déportée sans prévenir sur la gauche, manquant de projeter le vainqueur du Tour du Pays basque dans les barrières de sécurité. Ce léger contretemps ne l’a pas empêché de retrouver progressivement les avant-postes dans la première ascension de la côte de Montjuïc. Dans le final, le jeune coureur a résisté à l’accélération du Britannique Adam Yates dans les pourcentages les plus durs, mais s’est fait surprendre par le virage audacieux d’Isaac Del Toro, qu’il avait pourtant souvent battu ces derniers mois. « Je me suis fait avoir au placement avant la descente. Je n’ai pas pu boucher l’écart, mais trois secondes ce n’est pas grand-chose », a-t-il ajouté, mêlant satisfaction et frustration.
De son côté, Isaac Del Toro a vécu une mésaventure symétrique : oublié par sa voiture alors qu’il attendait un nouveau vélo, le Mexicain a perdu près de deux minutes avant de pouvoir repartir. Il a pourtant réussi à s’imposer au sprint devant Tadej Pogacar, qui a choisi de laisser la victoire à son coéquipier. Le Slovène, très en jambes, a contrôlé la course avec son équipe UAE, creusant un écart abyssal sur le reste du peloton. Jonas Vingegaard conserve le maillot jaune, mais a perdu quelques secondes sur Pogacar au classement général.
Paul Seixas, lui, a également fait parler de lui en marge de la course. Lors d’une interview télévisée, gêné par les chants du public, il a imposé le silence d’un ton ferme : « Taisez-vous s’il vous plaît ! » Une scène qui a marqué les esprits et témoigne de l’autorité naturelle du jeune coureur de 22 ans. Son équipe lui a attribué une note de 7 sur 10 pour cette étape, estimant qu’il aurait pu mieux gérer le final, notamment en ne demandant pas à son coéquipier Benoot d’accélérer dans la côte alors que Pogacar contrôlait déjà le rythme.
Malgré ces aléas, Seixas reste bien placé au classement général, à quelques secondes des favoris. La suite du Tour s’annonce cruciale pour le Français, qui devra confirmer son potentiel sur les étapes de montagne à venir. Son sang-froid et sa capacité à rebondir après des incidents mécaniques seront des atouts précieux dans la quête d’un podium, voire d’une victoire d’étape.