N° 299 lundi 26 octobre 2026

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Technologie

Des chercheurs de la NUS intègrent un écran tactile dans une manche

Des chercheurs de la National University of Singapore ont conçu un prototype de manche affichant des images et réagissant au toucher, grâce à des fils électroniques intégrés au tissu.

Des chercheurs de la NUS intègrent un écran tactile dans une manche
NUS Researchers Turn Electronic Threads Into a Touchscreen Sleeve

Vérifier sa manche revient d’ordinaire à chercher une tache, et non à ouvrir une calculatrice. Des chercheurs de la National University of Singapore ont pourtant intégré un écran tactile fonctionnel au tissu d’un vêtement. Le prototype affiche des images, réagit à la pression et épouse la forme de l’avant-bras, sans panneau rigide fixé par-dessus.

Ce qui frappe, c’est que l’écran fait partie du vêtement lui-même. Chaque fibre électronique porte une rangée de LED et une couche sensible au toucher placée dessous, le tout dans un fil d’environ 0,04 pouce d’épaisseur, soit un peu plus d’un millimètre. Lorsqu’on appuie sur la fibre, le circuit se ferme et le système localise le doigt. Ce n’est donc pas une dalle de verre cachée sous le tissu qui détecte la pression, mais le fil lui-même.

La manche combine 54 de ces fibres, chacune portant 96 LED, pour former un affichage d’environ 6,6 pouces sur 4,1 pouces, soit une définition de 96 par 54 pixels. Cette résolution ne remplacera pas l’écran d’un téléphone, même si le prototype peut afficher des photos et lire des vidéos à 30 images par seconde, ou 25 images avec un son synchronisé. L’interface repose donc sur de grandes icônes, plus lisibles qu’un menu minuscule sur un bras en mouvement.

Les chercheurs ont présenté une calculatrice, une boussole, un visionneur de photos et des commandes vocales, ainsi que des transferts d’images par Bluetooth. D’autres fibres embarquent un microphone, un haut-parleur et des capteurs de mouvement, de lumière, d’orientation et de température. L’interface peut ainsi tourner avec le bras et ajuster sa luminosité automatiquement. Une fibre de détection de température, placée sous le bras, peut transmettre une mesure à la manche, une piste pour faciliter à terme certains contrôles personnels grâce au vêtement, sans remplacer pour autant un thermomètre.

Selon la NUS, la quantité de lumière émise et la réponse tactile n’ont presque pas changé après 50 lavages en machine avec lessive et 1 000 pliages. Le protocole utilisait un sac à linge et un cycle doux. Ce résultat est encourageant, mais un test en laboratoire ne garantit pas la résistance à des années de lavages moins ménagés. Les chercheurs indiquent aussi une respirabilité comparable à celle de tissus courants comme le coton et le denim.

Il faut également nuancer l’idée d’une électronique devenue invisible. Des circuits de commande séparés et des batteries accompagnent encore ce prototype, qui n’est donc pas entièrement fait de fil. Pour l’instant, il reste un vêtement de laboratoire, sans prix de vente ni date de sortie annoncés. Une meilleure définition et une intégration plus poussée des composants figurent parmi les défis à relever.

Une question pratique se pose enfin. Si l’interface vit dans les vêtements, la recharge, la réparation puis le remplacement deviennent des choix de garde-robe, au même titre que le confort et la coupe. Ces contraintes détermineront sans doute si ce type de textile intelligent sortira un jour du laboratoire.

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Élodie Rivière

Auteur

Journaliste société

Élodie Rivière couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.